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Au Campus Biotech, une journée mondiale dédiée aux enjeux de la santé cérébrale pédiatrique

Photo © Mathias Delahaye
Le 20 mars 2026, le Campus Biotech de Genève a accueilli la World Head Injury Awareness Day (WHIAD), une journée internationale dédiée à la sensibilisation aux traumatismes crânio-cérébraux – placée cette année sous le thème de la pédiatrie. Chercheurs, cliniciens et experts venus de Suisse, d’Europe et d’Amérique du Nord s’y sont réunis pour partager les avancées récentes et faire progresser la prise en charge des enfants et adolescents, de la prévention à la réhabilitation.
Cette journée a été organisé grâce à la collaboration entre le Professeur Schaller (EANS Foundation, HUG‑NeuroCentre), le Professeur Assal (HUG), le Professeur Péron (FPSE, UNIGE) et le Professeur Hummel (EPFL).
En ouverture, le Professeur Karl Schaller a rappelé que les traumatismes crâniens chez l’enfant constituent un enjeu majeur et nécessitent des approches diagnostiques et thérapeutiques spécifiques, distinctes de celles des adultes. Il a également souligné l’importance de réunir, dans un même espace, des expertises complémentaires pour améliorer la prise en charge de ces jeunes patients.
Croiser les regards pour mieux comprendre
Dès la première session, consacrée à la recherche, la diversité des approches a illustré la richesse des travaux en cours. Des avancées en imagerie cérébrale aux diagnostics basés sur les biomarqueurs, les interventions ont mis en lumière des outils toujours plus précis pour mieux comprendre les mécanismes du traumatisme crânien tout au long du développement de l’enfant.
Parmi les temps forts de la matinée, la prise de parole de la neuropsychologue canadienne Miriam Beauchamp a marqué les esprits. Spécialiste reconnue du traumatisme crânio-cérébral pédiatrique, elle a rappelé la complexité du diagnostic et du pronostic, soulignant l’absence de profil unique chez les jeunes patients et la grande variabilité des symptômes d’un enfant à l’autre. Un constat qui appelle à des approches plus fines, adaptées à chaque situation.
De l’urgence à la prise en charge globale
Les discussions ont aussi porté sur les stratégies de prise en charge, de la décision d’imagerie à la réhabilitation, en passant par les protocoles de suivi. Une attention particulière a notamment été portée à l’utilisation raisonnée de l’imagerie, en particulier des scanners (CT), afin de limiter l’exposition des enfants aux rayonnements. Des données récentes suggèrent en effet qu’une part non négligeable des cancers hématologiques pédiatriques pourrait être associée à l’exposition cumulative aux rayonnements issus de l’imagerie médicale.
Autant de sujets qui illustrent la nécessité d’une approche coordonnée, capable d’articuler urgence, diagnostic, traitement et accompagnement dans la durée.
Au-delà du soin : familles, prévention et société
Les échanges ont également mis en lumière une réalité souvent moins visible : celle des familles, confrontées aux répercussions concrètes du traumatisme crânien dans la durée, entre organisation du quotidien, suivi médical et accompagnement de l’enfant.
Les interventions de l’après-midi ont permis d’ancrer ces enjeux dans des situations concrètes : accompagnement psychologique des enfants et adolescents, soutien à l’autonomie des familles dans les phases de rétablissement et de réinsertion, structuration des parcours de soins ou encore rôle de l’ergothérapie dans la neuroréhabilitation. Autant de dimensions essentielles pour comprendre la complexité du retour à la vie « normale » après un traumatisme crânien.
Qu’il s’agisse de sensibiliser aux risques, d’accompagner les enfants dans leur rétablissement ou de soutenir leur entourage, ces échanges ont rappelé que les traumatismes crâniens ne se limitent pas à un diagnostic, mais s’inscrivent dans des trajectoires de vie.
Une illustration concrète de l’esprit Campus Biotech
Au fil des interventions, un fil rouge s’est imposé : celui du décloisonnement des disciplines. Chercheurs, cliniciens, spécialistes de la réhabilitation et acteurs de terrain ont croisé leurs regards pour éclairer un sujet complexe, à la croisée de la science, de la médecine et de la société.
En réunissant ces expertises au sein d’un même lieu, le Campus Biotech offre un cadre propice à ce dialogue et à l’émergence de nouvelles approches, au plus près des réalités cliniques et des besoins des patients.