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Construire sa carrière scientifique : entre choix, doutes et opportunités réelles 

Comment préparer son entrée dans le monde du travail après un parcours scientifique ?
Entre académie, industrie et entrepreneuriat, les trajectoires professionnelles sont de plus en plus diverses et rarement linéaires. À partir de retours d’expérience et d’éclairages concrets, voici cinq repères clés pour aider les jeunes scientifiques à aborder cette transition et à se positionner dans le monde professionnel.

Trois regards se croisent au fil des échanges qui nourrissent le podcast Where Science Talks : Omar Shalby (EPFL, cofondateur de la startup Neurovia Bioelectronics), Fabien Carruzzo  (docteur de l’Université de Genève, à l’interface entre recherche et communication scientifique) et Arnaud Cuilleret (spécialiste du recrutement et du développement de carrière à l’EPFL).

Cinq enseignements concrets ressortent de leurs échanges : des points d’attention utiles pour préparer son entrée dans le monde professionnel.

À retenir #1 – Penser à l’après avant la fin du parcours

La transition vers le monde professionnel se prépare avant la fin du parcours académique. Même sans plan clairement défini, commencer tôt à explorer ce qui attire – et ce qui n’attire pas – permet de réduire le flou et le stress au moment du passage à l’après.

Ce constat est partagé par Fabien Carruzzo, qui explique que la difficulté n’a pas tant été de terminer son doctorat que de se projeter au-delà, pris dans l’intensité de ses études et le rythme du PhD.

À retenir #2 – Choisir une spécialisation qui ouvre des portes

Se spécialiser tôt dans un domaine précis peut constituer un véritable levier au moment d’entrer dans le monde professionnel. Les choix de spécialisation construisent une cohérence de parcours qui permet d’accéder à certaines opportunités – stages, projets ou initiatives entrepreneuriales – bien plus qu’un positionnement généraliste.

Cette dynamique est illustrée par Omar Shalby, qui s’est spécialisé dès son cursus dans la bioélectronique et les implants cérébraux. Ce positionnement lui a permis d’accéder à une expérience internationale, puis de s’engager dans l’entrepreneuriat.

À retenir #3 – Le diplôme compte, les compétences font la différence

Un doctorat reste un socle solide, mais il ne suffit plus à lui seul. Communication, capacité à dialoguer avec des profils non scientifiques, compréhension des enjeux d’un projet ou d’une entreprise : ces compétences transversales font souvent la différence hors du cadre académique. Tous trois soulignent que ces savoir-faire restent encore peu travaillés dans les cursus, alors qu’ils conditionnent l’employabilité et la capacité à s’inscrire durablement dans un projet professionnel.

À retenir #4 – Ne pas avancer seul : réseau, mentors et environnement

L’environnement joue aussi un rôle clé. La proximité entre chercheurs, entrepreneurs, cliniciens et institutions favorise les rencontres, l’apprentissage mutuel et l’émergence de projets hybrides, à la croisée de la recherche et de l’innovation.

À retenir #5 – Savoir dire oui et savoir dire non

Dire non à une opportunité peut sembler risqué, surtout en début de carrière. Pourtant, les échanges montrent combien ces décisions structurent un parcours. Refuser un poste mal aligné avec ses valeurs, accepter un détour temporaire, assumer une période d’incertitude : autant de choix qui, mis bout à bout, construisent une trajectoire cohérente a posteriori.

En conclusion, trois idées fortes émergent de cet épisode : être curieux et aller à la rencontre des autres, expérimenter, tant que le cadre académique le permet et, enfin, identifier la valeur spécifique que l’on peut apporter, puis la développer avec constance.

 

Éclairage scientifique : ce que dit la recherche sur les trajectoires de PhD

Une revue scientifique récente, fondée sur l’analyse de plus de 70 publications internationales, montre que les carrières des docteurs hors du monde académique font l’objet d’un intérêt croissant, mais restent encore peu théorisées. La littérature souligne notamment l’importance des compétences transférables, des dispositifs de développement de carrière et des transitions vers des secteurs non académiques, tout en pointant des lacunes persistantes : compréhension des parcours vécus, prise en compte du point de vue des employeurs et évaluation des mécanismes institutionnels d’accompagnement.
Les auteurs appellent enfin à un changement culturel au sein du monde académique, afin de normaliser la diversité des trajectoires professionnelles, en complément d’un soutien institutionnel structuré et de collaborations renforcées avec les secteurs non académiques. Un constat en écho direct avec les repères partagés dans ce podcast.