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Pourquoi les routines sont bonnes pour notre cerveau – et pourquoi elles doivent évoluer

Nouvelle année, nouvelles résolutions. Chaque année, nous comptons sur la motivation pour changer nos habitudes. Pourtant, les neurosciences montrent que ce ne sont pas tant la volonté ou l’effort ponctuel qui font la différence, mais bien les routines que nous mettons en place au quotidien.

Le cerveau aime économiser son énergie

D’un point de vue neuroscientifique, les routines reposent sur un principe fondamental : l’économie cognitive. Le cerveau dispose de ressources limitées et cherche en permanence à réduire l’effort nécessaire pour fonctionner efficacement. Répéter une action dans un contexte stable permet peu à peu de l’automatiser.

Lorsque cela se produit, l’action sollicite moins les régions impliquées dans la prise de décision consciente — notamment le cortex préfrontal — et s’appuie davantage sur des circuits neuronaux spécialisés dans les habitudes, en particulier au niveau des ganglions de la base. Ces circuits permettent d’exécuter des comportements de manière plus rapide, plus fluide et avec un coût énergétique réduit.

Cette automatisation présente plusieurs avantages concrets dans la vie quotidienne :

  • elle réduit la charge mentale en limitant les décisions répétitives,
  • elle préserve l’énergie cognitive pour des tâches plus complexes,
  • elle diminue le stress, grâce à la prévisibilité,
  • elle contribue à stabiliser les émotions, en apportant une structure au quotidien.

C’est pour cette raison que les habitudes bien installées sont souvent plus efficaces que la motivation seule, par nature fluctuante.

Quand l’automatisation devient un piège

Mais les routines ne sont pas toujours bénéfiques. Lorsqu’un comportement devient trop automatisé, il peut entraîner une forme de pilotage automatique mental. L’attention diminue, l’engagement s’affaiblit et les actions sont réalisées sans réelle conscience.

Les recherches récentes montrent que si l’automatisation facilite l’exécution des comportements, elle peut aussi réduire leur flexibilité. Dans un environnement qui change — ou lorsque nos objectifs évoluent — des habitudes trop rigides peuvent devenir inadaptées, voire contre-productives.

Des routines flexibles, pas figées

Les neurosciences suggèrent donc une approche nuancée. Une routine efficace n’est ni rigide ni immuable. Elle gagne à être régulièrement réévaluée, ajustée et parfois légèrement modifiée.

Introduire de petites variations, questionner ses automatismes ou adapter ses routines à de nouveaux objectifs permet de maintenir l’engagement cérébral tout en conservant les bénéfices de l’automatisation. L’enjeu n’est pas de supprimer les routines, mais de les rendre vivantes et adaptables.

Automatiser l’essentiel pour libérer l’esprit

En automatisant certaines actions clés du quotidien, le cerveau se libère de décisions inutiles et peut consacrer plus de ressources à ce qui compte vraiment : apprendre, créer, interagir ou prendre des décisions complexes.

La vraie question n’est donc pas « Suis-je assez motivé ? », mais plutôt : « mes routines m’aident-elles encore à avancer aujourd’hui ? »

Sources